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La Goutte d’Or dans la presse : entre le mythe, la stigmatisation et la réalité

Publié le 15 février 2016

L’Observatoire de la Vie Sociale de la Salle Saint Bruno publiait régulièrement des revues de presse sur le traitement journalistique du quartier dans la presse écrite. Focus cette semaine sur la période 1976-1993.

Dans son travail de collecte de sources documentaires sur la Goutte d’Or, l’Observatoire de la Vie Sociale de la Salle Saint Bruno a consulté des centaines de coupures de presse qui en disent long sur la représentation du quartier que donnent à voir les médias à leur lectorat. « L’unique image que peut avoir le public qui méconnaît ce secteur de Paris est celle que véhicule les journalistes, écrivent les sociologues. C’est pourquoi, il nous a semblé primordial de recenser les articles qui traitent de la Goutte d’Or ». Sont listés dans les divers documents plusieurs articles parus dans la presse quotidienne nationale, locale ou magazine, dont le sujet est la Goutte d’Or.

Période 1976-1993

Dans son introduction pour ces deux décennies, l’Observatoire souligne plusieurs tendances. Médiatiquement, la Goutte d’Or est « l’objet d’une attention particulière ». Elle fascine, grâce à Zola et son caractère populaire et cosmopolite, mais elle inquiète aussi, d’où les nombreuses enquêtes sur « cet espace qui conserve dans l’imaginaire parisien une image ancienne d’un quartier à part, coupé du reste de la ville et où se concentrent [...] toutes sortes de marginalités sociales ».

Souvent les médias donnent une image négative du quartier, à coup de titres racoleurs, mais on trouve aussi une large tribune vantant « un lieu d’harmonie, de cohabitation de plusieurs cultures », la richesse de la vie associative ou le programme de rénovation urbaine. D’où une représentation alternant sans cesse entre ombre et lumière.

Période 1994-1996

« Entre "réalité et stigmatisation", une image de la Goutte d’Or se précise et prend corps au fil des articles », annoncent les sociologues. Les années 1994, 1995 et 1996 affinent une tendance concernant les titres de la presse au sujet du quartier. Chaque mois, on tombe sur plusieurs "marronniers", ces articles relatant des informations de faible importance meublant une période creuse, se basant beaucoup sur des préjugés et des clichés, et revenant quasi-systématiquement : ramadan, rencontre des Algériens installés en France, La Goutte d’Or en Fête début juillet, les hammams, les épices, la violence à l’école et la chronique quotidienne des faits-divers d’un quartier parfois fidèle à sa réputation (drogue, prostitution, jeux clandestins...).

Cependant on peut définir chaque année par certains événements plus ou moins mémorables, bien repris dans la presse. En 1994, c’est l’élection législative partielle dans la 19ème circonscription dont Daniel Vaillant sort vainqueur ; c’est le Collectif Goutte d’Or qui se fait entendre sur les locaux scolaires en occupant deux écoles en mai ; c’est le bilan de dix années de rénovation, dressé par Alain Juppé.

En 1995, l’année est marquée par l’élection de Daniel Vaillant à la mairie du 18e arrondissement et par la signature du Contrat de Ville qui va amener les journaux à souligner l’exemplarité du modèle de la Goutte d’Or. Malheureusement, l’assassinat de l’Imam Sahraoui dans la mosquée de la rue Myrha va replacer la communauté musulmane de Goutte d’Or dans les pages faits divers.

1996 restera dans les annales comme l’année de l’occupation de l’église Saint-Bernard par les sans-papiers. « Cet événement de portée internationale aura focalisé sur le quartier les attentions estivales habituellement endormies ». Un dossier spécial est consacré par l’Observatoire sur ce sujet.

Les sans-papiers de Saint-Bernard

Le 28 juin 1996, jour d’inauguration de la Goutte d’Or en Fête, l’église Saint-Bernard est occupée par 300 sans-papiers qui logeaient jusqu’alors dans un entrepôt SNCF rue Pajol. Le 23 août, l’église est évacuée par les forces de l’ordre. Entre temps, le mouvement des sans-papiers est devenu le fait majeur de l’été.
Pourquoi cet événement a eu autant de résonance ? « Parce que l’église Saint-Bernard est à la Goutte d’Or, le quartier s’est retrouvé pendant un mois sous les feux de l’actualité. Parce que la Goutte d’Or est un quartier d’immigration, les problèmes posés par le mouvement des sans-papiers trouvent un écho auprès des acteurs du quartier ».

Période 1999-2004

« Un quartier sacrifié mais énergique » peut-on lire dans Libération le 14 janvier 2001.
À partir de ces années, l’Observatoire a changé de méthode : les revues de presse sont désormais mensuelles et sont alimentées à l’aide d’un abonnement à un service de lecture, ce qui rend le corpus beaucoup plus exhaustif.

1999-2001, la mort de Souleymane, au milieu des poncifs habituels

Le 9 avril 1999, Souleymane, 19 ans, meurt au square Léon, tué par balle dans des circonstances alors obscures, mettant en cause l’intervention des policiers face au jeune garçon déprimé qui menaçait de se tuer. Cet événement a choqué le quartier, provoquant des affrontements entre les jeunes et les policiers, puis une marche silencieuse de 1500 personnes. Il n’en fallait pas plus pour que les médias braquent leurs projecteurs sur le quartier et ses tensions.

1999 : La mort de Souleymane

Les années 2000 et 2001, si elles marquent le passage à un nouveau siècle, ne permettent pas de voir une évolution dans le traitement médiatique de la Goutte d’Or : on y retrouve toujours des articles sur la toxicomanie, le mal-logement, le commissariat, les sans-papiers, les commerces exotiques, les squatteurs, les émeutes.

L’an 2000 à la Goutte d’Or

Les travaux du métro Barbès, du gymnase de la Goutte d’Or, la rénovation du quartier Château-Rouge et la nomination de Daniel Vaillant au ministère de l’Intérieur marquent également cette période.

2001 : l’odyssée du quartier

2002-2004, l’angle économique accentué

Ces trois ans sont intéressants à analyser car les faits sociétaux et la vie de quartier ne bougent quasiment pas, par contre, les implantations, les difficultés des magasins du quartier, ainsi que l’économie parallèle des vendeurs à la sauvette, sont largement relayés. En 2002, outre les 10 ans de la Salle Saint Bruno, c’est l’arrivée du Virgin Megastore sur le boulevard Barbès qui fait événement.

2002 : Virgin s’installe à Barbès


En 2003, dans une année "type", on parle autant des difficultés de Tati que du dossier du Louxor racheté par la ville ou de la première édition du Barbès Tour.

2003 : Louxor et Barbès Tour au programme

Enfin en 2004, la saga Tati continue, de même que les reportages sur le marché noir des cigarettes à la sortie du métro ou encore la question du voile traitée à travers des articles dans le quartier.

2004 : Tati en souffrance

Période 2005-2010

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