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Il était une fois... le cross de la Goutte d’Or

Publié le 4 novembre 2014

Le cross de la Goutte d’Or, apparu au tout début des années 80, s’est transformé au fil du temps pour devenir aujourd’hui l’un des événements phares du quartier. Bernard Massera, de Paris Goutte d’Or était présent pour la première édition. Aujourd’hui, Sylvain Lopera, d’ADOS, a repris le flambeau, avec Paris Goutte d’Or. Dans le cadre de notre dossier thématique sur le sport, ils racontent.

Nous sommes au début des années 80. Le quartier de la Goutte d’Or traîne derrière lui une mauvaise image : insalubrité des logements, violence, prostitution... « Ce n’était pas comme maintenant », raconte Bernard Massera, de Paris Goutte d’Or. « Il y avait des immeubles sans électricité, des prises d’eaux dans les rues (certains immeubles n’avaient pas d’eau à l’intérieur), beaucoup de taxis refusaient d’entrer la nuit dans le quartier... Le quartier avait mauvaise réputation ».

La fête de la Goutte d’Or existe déjà et cherche alors à casser l’image négative qu’on colle au quartier. Habitants et associations cherchent un moyen de faire venir des gens de l’extérieur, « afin de leur montrer que c’est un quartier fréquentable, et que des choses de qualité se vivent ». Deux idées surgissent parmi les habitants et les organisateurs de la fête de la Goutte d’Or : l’organisation d’un concert lors de la fête, et... un cross.

Le premier cross a lieu en 1984

Le concept plaît. Dès 1984, un parcours est inscrit aux « courses de Paris » : le cross de la Goutte d’Or est né. L’objectif est de mélanger des Parisiens, banlieusards, et des habitants du quartier pour que tous courent ensemble. Le succès est rapide et total. À l’époque, n’importe qui peut s’inscrire, et pour les premières éditions, plus de 200 enfants ainsi qu’une centaine d’adultes battent le pavé. Le cross fait venir des équipes de partout, comme les pompiers de Paris présents chaque année, et s’exporte à l’étranger, puisque une équipe de la police de Londres fait le déplacement.

Pendant une dizaine d’années, le cross grandit toujours plus. Il a lieu le dimanche matin, pendant la fête de la Goutte d’Or. Tout se passe parfaitement, jusqu’à la fin des années 90. « Il devenait difficile de trouver des bénévoles, il y avait eu quelques incidents. Avec Paris Goutte d’Or, c’était devenu une organisation trop importante. On était en quelque sorte victimes de notre succès », explique Bernard Massera. Le cross disparaît des radars pendant quelques années. Mais les Enfants de la Goutte D’Or ressortent l’événement des cartons et l’organisent de nouveau pendant 3 ans dans le cadre de la Fête de la Goutte d’Or. Avant une nouvelle pause.

Un nouvel élan

Nous sommes en 2011. Sylvain Lopera, actuel directeur d’ADOS (Association pour le dialogue et l’orientation scolaire), est lui arrivé en 2001. Rapidement, il s’enthousiasme pour le projet. Mais à ce moment-là, les choses sont compliquées. La législation a évolué. « Avant, on pouvait s’inscrire et courir comme on voulait », indique Bernard Massera. « A partir de là, le certificat médical devient obligatoire, et pour les enfants, il faut une autorisation parentale et un certificat d’aptitude ».

Le cadre législatif est devenu trop lourd pour permettre au maximum d’enfant d’y participer. C’est alors qu’ADOS et Paris Goutte d’Or décident de réfléchir à un nouvel élan à donner au cross. « Finalement, le cross en lui-même importe peu : ce qui comptait, c’était de le penser comme animation du quartier. Pas vraiment pour le sport », explique Sylvain Lopera, avant d’ajouter : « On voulait un événement avec une identité propre ».

« Un esprit de convivialité »

D’autant que le quartier n’est plus le même que pendant les années 80. La Goutte d’Or est en train de changer, et avec elle, le cross. « Maintenant, l’objectif n’est plus vraiment de faire venir des gens d’ailleurs. Le cross, aujourd’hui, est à destination des gens du quartier, pour qu’ils partagent un moment convivial ensemble », commente Sylvain Lopera. « On veut montrer ce qui se passe bien dans le quartier ».

C’est dans cet « esprit de convivialité » que le cross est une énième et dernière fois relancé, en 2011, sous sa forme actuelle, avec ADOS et Paris Goutte d’Or aux manettes. Auparavant intégré aux activités de la fête de la Goutte d’Or, ses organisateurs décident d’en faire un événement propre. Le cross devient une journée festive qui annoncerait en quelque sorte la fête du quartier. On en profite du même coup pour l’enrichir avec d’autres activités, des animations, un flash-mob, des stands de prévention, un pique-nique et même une une braderie organisée par les parents d’élèves des écoles du quartier afin de récolter de fonds pour la caisse des écoles, tout en créant du lien.

FLASH MOB AU CROSS DE LA GOUTTE D’OR 2013 from Association ADOS on Vimeo.

Un rendez-vous du quartier

Le format de la course change également. Pour laisser au plus grand nombre d’enfants la possibilité de participer, on change d’intitulé : le cross n’est plus une « course » mais un parcours intitulé « Les p’tits Parigos ». Résultat : 400 enfants et 100 adultes participent à l’édition 2014, . Résultat : 400 enfants et 100 adultes participent à l’édition 2014. C’est mieux que l’édition 2013, qui avait pour marraine Nantenin Keita, médaillée de bronze aux Jeux Paralympiques de Londres.

Pour Sylvain Lopera, « c’est un succès ! L’événement est attendu dans le quartier, c’est un vrai rendez-vous ». Même avis du côté de Bernard Massera : « Il y a même des professeurs qui font courir leurs élèves toute l’année pour les entraîner pour le cross ! ». Petits comme grands étaient là. Même si, pour les anciens, « ce n’est pas une course mais une marche ! », sourit Bernard Massera. « Et l’an passé, on a même vu des jeunes qui poussaient des dames en fauteuil roulant ! ».

CROSS DE LA GOUTTE D’OR 2014 from Association ADOS on Vimeo.

Le cross, à l’image de la Goutte d’Or

« Mais attention », embraie Sylvain Lopera. « Parfois, il y a du niveau. Il y a un coureur qui fait 10 kilomètres en 36 minutes. Il a gagné trois éditions consécutives ». Pour les deux organisateurs, ce ne sont pas les bons moments et les anecdotes qui manquent au moment d’évoquer le cross. « Quelque chose se passe », dit Bernard Massera. « Les gens sont à leur fenêtre, les enfants font des haies d’honneur aux adultes et vice-versa ! ».

La suite, c’est quoi ? Une prise en main encore plus grande de la part des habitants, qui ont déjà de vraies responsabilités dans l’organisation. L’événement fonctionne avec minimum 60 bénévoles chaque année, et sans aucun financement extérieur. « C’est un choix de financer l’événement en dehors du budget de l’association », explique Sylvain Lopera. Malgré tout, le cross continue de grandir et d’évoluer, à l’image du quartier. « C’est un mélange de gens qui ne se seraient peut-être jamais rencontrés... Le cross est à l’image de la Goutte d’Or, multi-culturel !  », conclut le directeur d’ADOS.

> > > La galerie photo de l’édition 2014 http://ados-go.org/LE-CROSS-DE-LA-G...



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