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Retour sur Jardin(s) Intérieur(s) avec le Collectif MU

Publié le 14 avril 2014

L’an passé, le collectif MU s’était intéressé aux jardiniers qui sommeillent à l’intérieur des habitants du quartier. A l’arrivée, une expo sonore et un site internet qui documente à merveille les rencontres suscitées par l’artiste Gaël Segalan. Retour sur l’expérience Jardin(s) Intérieur(s) avec Thomas Carteron et Clémentine Decraene.

Clémentine : Le projet Jardin(s) Intérieur(s) s’est construit avec Gaël. On a égrainé un peu les projets verts du quartier, on a été aiguillés par l’EDL et ensuite par une asso qui nous a présenté une autre asso... ça s’est fait un peu comme ça.

Thomas : Ça se fait par rebonds à chaque fois. A chaque étape on apprenait l’existence d’un projet, puis un nouveau, puis un nouveau...

C : Et puis il y a des personnes qui sont un peu transversales, par exemple Jacky Libaud qui est dans plein d’assos différentes du quartier et d’ailleurs, toujours autour des espaces verts, de la faune et de la flore. Il a une super bonne énergie, il nous a permis de rencontrer plein d’autres gens. Manu, le jardinier qu’on a rencontré au micro, c’est Jacky qui l’avait rencontré lors d’un troc vert. C’était une rencontre un peu par hasard qu’il avait fait et il nous a orientés vers lui. On l’a ensuite retrouvé parce qu’il bosse dans une école du quartier. C’était hyper intéressant.

T : Tous ces enregistrements que Gaël a fait, toutes ces rencontres, ont servi à faire une expo finale au Garage Mu qui s’appelait Équinoxe Cardamine. C’était tous ces sons plus d’autres enregistrements apportés par d’autres artistes. Ça s’est fait d’abord à l’occasion de la fête de la nature, et puis ça s’est finalement inscrit dans la manifestation globale de Quartiers d’Art. Il y avait Tout un système d’écoute au casque, des enceintes qui étaient dans l’espace, des projections, tout un jeu de lumière plus ou moins interactif. C’était ça le but final du projet. C’était d’avoir une sorte d’écho à toutes ces voix qui avaient été captées dans le quartier, d’en faire une composition musicale un peu complexe. Je crois que la séquence en entier durait un peu moins de 20 minutes. Le but, c’était d’avoir une sorte de vision globale un peu poétique de tout ça. On a aussi fait l’effort de documenter toutes les rencontres, que tu peux encore écouter en ligne.

C : Équinoxe Cardamine, ça s’est fait avec Gaël et un autre artiste du collectif, Vincent Voillat, et Rodolphe Alexis, un artiste sonore.

Goutte d’Or & Vous : C’était une chouette idée, mais du coup comment est parti le projet ?

C : En fait nous, c’était vraiment plus le son. C’est pas vraiment de la documentation, mais plutôt une cueillette de témoignages, de voix, de rêveries.

T : Tous nos projets en général sont orientés vers le son. Gaël est artiste sonore et elle base toujours son travail sur des rencontres avec des gens. La thématique des jardins partagés de la Goutte d’Or est venue comme ça, en discutant avec Jacky... je sais plus comment c’est venu. Mais ça nous avait semblé intéressant d’aller rencontrer tous ces gens, de voir ce qu’ils avaient à raconter tout simplement. Avec un côté un peu cartographique où on voit tous ces points verts au milieu de ce quartier qui n’a pas forcément une image hyper... verte justement.

GO&V :Il y en a un qui est assez marrant avec les deux voisines...

C : Ah oui ! On les a rencontrées via l’EDL qui nous a mis en contact avec l’une d’elles qui est la présidente de l’association de copropriétaires d’un lot d’immeubles rue de la Goutte d’Or. C’est les meilleures copines en fait. Franchement cette rencontre était super. Enfin elles étaient toutes super dans leur genre, mais là on est allées chez elle, et elle avait vue sur le jardin de l’Univert, donc elle connaissait aussi cette initiative là. Et puis elle avait une cage à oiseaux. Du coup c’était une espèce de moment un peu magique. On se rend pas bien compte, parce que les rencontres duraient une demi-heure, trois quarts d’heure et après c’est l’artiste qui choisit le matériau qui est le plus consistant.

GO&V : Oui c’est vraiment vivant. C’est assez marrant de voir ça et la rencontre avec Jean-Paul qui est hyper-contemplative...

C : Oui, c’était super. On était à l’ICI au premier étage. C’est une galerie de fenêtres au premier étage, donc pour le coup on n’était pas devant du vert, mais c’est ça qui était assez magique avec lui. Il avait un imaginaire... et il y avait un truc très fort qui s’était passé entre Gaël et lui, justement sur la projection de l’idée du vert. Et comme lui il a été impliqué dans plein d’initiatives vertes dans le quartier, d’associations différentes, et qu’il a grandi … en Guadeloupe ? Je ne sais plus, mais du coup il projetait l’imaginaire sur le gros mur en béton et il arrivait à dépasser ça, à partir dans la rêverie. C’était vraiment là où Gaël voulait l’emmener.

Pour préparer les rencontres, on demandait aux gens soit de sortir eux-mêmes une photo de leur jardin préféré, soit on en ramenait comme support visuel pour que, même si on était déjà dans un jardin, il y ait un support personnel. Qui puisse prêter à ce genre de dérive un peu imaginaire ou personnelle. La thématique, c’est pas seulement la verdure, le jardin, l’initiative au moment T.... C’est aussi l’idée de projection.

T : Gaël, ce qui l’intéressait, c’était de voir comment les gens se projetaient. Comment ils imaginaient, depuis leur appartement ou un quartier plutôt urbain, ce jardin plus imaginaire que réel.

GO&V : Du coup ça fait un résultat assez chouette, plutôt artistique avec pas mal de paroles poétiques...

T : C’est tout le déroulé et la façon dont il a été documenté qui rajoute un peu de force au projet, mais à la base c’est clairement un projet artistique avec, en date, cette expo qui a eu lieu pendant un week-end au garage.

C : Artistique et de proximité quand même. On a fait deux restitutions en fait. Il y avait cette restitution où vraiment on était dans la création artistique avec Équinoxe Cardamine, on était dans une installation immersive etc. Et avant on a fait une restitution, un regroupement des gens qui avaient participé, où ils pouvaient voir le travail en progression. On avait mis une petite station où il y avait le blog à découvrir et là c’était vraiment les gens du quartier... On a rencontré vraiment des gens quoi. Et on les remercie de nous avoir accordé du temps, de la parole. Mais c’est vrai que le but premier c’était une création artistique.

GO&V : Et ça fait un truc...

C : Justement qui est un peu entre les deux.

GO&V : Oui qui est à la limite du journalisme, avec de la parole d’habitants, ces choses là. Y aller avec une démarche artistique c’est complètement valable.

C : C’était étonnant parce que les gens, on leur disait « on vient avec un micro », et tout de suite ils pensaient que ça allait être « question-réponse ». Nous, en fait, dans la présentation on ne disait pas trop ce qu’on allait faire. Et pour sortir de ça on demandait des visuels à l’appui où les gens se sentaient en confiance pour sortir d’un cadre où on discute. C’était souvent des gens engagés, soit sur des projets sociaux, soit dans l’habitat... et l’idée c’était de sortir de ça. Faire des rencontres et partir plus loin. Et donc Gaël leur faisait fermer les yeux, leur disait : « imaginez votre jardin idéal... comment il est ? » C’était un truc où elle essayait de les sortir, où on a un contexte de rencontre qui fait que « c’est ça, c’est la verdure, la proximité », et après elle essayait de les emmener ailleurs.

GO&V : Ça on le devine pas du tout dans le blog... il devaient réagir de manière assez marrante les gens parfois...

C : C’était pas toujours évident de les sortir du contexte. Et étonnamment c’est presque ceux qui sont les plus activistes qui sont les plus durs à sortir du contexte. Parce qu’ils sont tellement dedans qu’ils...

T : Ils restent dans le concret.

C : Mais du coup chaque rencontre était vraiment différente.

GO&V : Et vous continuez un peu à suivre ce qu’il se passe pour les jardins maintenant  ?

C : On suit un peu ce qui se passe toujours dans le quartier mais on n’a pas de projet en cours pointé sur ces choses-là mais on s’était intéressés à un moment aux friches, tout simplement pas aux jardins mais vraiment à ce qu’on appelle les dents creuses de la Goutte d’Or, tous ces coins en travaux, en passe de l’être et tout ça. Ça s’est pas fait pour le moment mais ça fait partie des projets qu’on aimerait mener un peu sur le même genre, une cartographie un peu particulière du quartier. Ce qui nous amuse, souvent, c’est d’avoir une vision, de pointer un peu tous les endroits particuliers, intéressants pour différents raisons et de provoquer des rencontres à partir de ces points.

Toutes les images sont des captures du site Jardin(s) Intérieur(s)



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