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Reportage à l’Univert

Publié le 27 avril 2021

Créé en 2010, l’Univert est un jardin solidaire et partagé situé en plein quartier de la Goutte d’Or. Mais c’est aussi un lieu d’hospitalité, de partage et de rencontres. Autant d’éléments qui font de ce lieu un formidable outil de remobilisation sociale.

En cette fin de matinée du vendredi 2 avril, les rues de la Goutte d’Or sont animées, et la rue Polonceau, qui desservait jadis les cinq moulins situés sur la butte des Couronnes, n’échappe pas à la règle. Pourtant, au numéro 35, encerclé par le Square Léon et la rue des Poissonniers, une petite porte métallique permet de quitter provisoirement le tumulte du quartier en donnant sur une terrasse parsemée de tables de culture, où verveine, mélisse, sarriette et monnaie du pape n’hésitent pas à se mélanger. En contrebas, une petite cabane se cache dans l’espace arbustif d’un jardin qui permet à l’odorat de reprendre définitivement ses droits. Pas de doute, nous voilà bien dans un petit coin de paradis.

Le béton se met au vert

Avant de devenir un jardin luxuriant, le 35 rue Polonceau était un parking en friche, coincé au milieu des immeubles. Mais ça, c’était avant que Caroline Falletta y installe l’Univert en septembre 2010. Au départ, elle songe à créer un jardin sur un toit puis sur une friche urbaine, en vain. Après trois ans de recherche, cette habitante du quartier découvre le 35 rue Polonceau et son arrière-cour laissée à l’abandon, avant d’y prendre ses quartiers et de transformer le lieu en jardin solidaire et partagé, bien aidée par Paris Habitat, propriétaire de la résidence, mais aussi et surtout l’association Halage. Porteuse du projet, cette association a été créée en 1994, avec pour but de réhabiliter les humains en réhabilitant les friches, ce que l’Univert parvient à faire en accueillant à la fois un public en situation d’exclusion sociale et professionnelle (environ la moitié des participants sont bénéficiaires du RSA), mais aussi des personnes en activité, qu’elles soient étudiantes, retraitées ou habitantes du quartier.

C’est le cas de Fatma, qui habite dans la résidence et vient régulièrement à l’Univert, que ce soit pour jardiner, apporter sa bonne humeur ou, comme ce vendredi-là, proposer aux jardiniers du jour un thé à la menthe fait maison. Parmi les habitués quotidiens du jardin, on retrouve également Christophe, ancien joaillier qui vient presque toutes les semaines depuis 2017, mais aussi Johan, artiste-peintre et réalisateur de films d’animation. « Quand les gens arrivent ici, on ne leur demande pas leur parcours, explique Anne Plouzennec, animatrice du lieu depuis 2017 et la nomination de Caroline Falletta comme coordinatrice du pôle Jardins & Animation. Certains qui viennent pour la première fois vont nous l’expliquer, mais ce n’est pas toujours le cas, et ce n’est pas l’objectif.  » Justement, l’objectif de l’Univert est de proposer une activité de jardinage en groupe, mais aussi des activités d’écorecyclage, d’aménagement d’espaces verts, d’art et de cuisine, et ce, afin d’offrir un espace de mieux-être physique et psychologique.

L’Univert des possibles

Pensé et géré de manière collective, que ce soit lors des activités de jardinage ou lors du repas du midi pris dans le local du jardin, l’Univert mise sur l’auto-responsabilité et la prise de décision collégiale afin que les jardiniers s’épaulent dans la réalisation des tâches quotidiennes du lieu. « De toute façon, personne ne peut tout connaître au jardinage, c’est impossible. Donc, forcément, on apprend de tous.  », tempère Anne, épaulée cette année par Olivia, service civique au jardin. Un credo parfaitement visible lors de la présence de l’association La Cloche, qui lutte contre l’exclusion des personnes sans domicile, et qui se rend tous les vendredis au jardin. Pour le plus grand bonheur de Junior, qui souhaite devenir brancardier : « Ça fait une dizaine de fois que je viens au jardin l’Univert. J’adore ça, car ça active et vu que je suis très croyant, voir quelque chose germer et pousser, ça a du sens pour moi. Puis je viens ici pour créer du lien social, et rencontrer des gens. »

Créer du lien social, voilà l’autre réussite du jardin animé par Anne Plouzennec, qui préfère parler de remobilisation plutôt que d’insertion sociale. Une différence en apparence infime, mais qui prend tout son sens tant l’Univert est un véritable lieu d’échange de savoir, de savoir-faire et de savoir-être. « C’est clair que le jardinage change notre rapport à la temporalité. Puis, prendre soin des plantes, c’est prendre soin de soi-même. », martèle Anne, dont la perpétuelle bonne humeur s’accommode très bien au lieu. Bien plus qu’une animatrice, elle oriente également certains participants vers des structures publiques ou associatives travaillant sur l’emploi, et n’hésite pas à les aider parfois dans leurs démarches administratives. C’est le cas de Christophe, qui a pu remplir son dossier Pôle Emploi à l’Univert. « C’est pour ça que je dis que c’est bien plus qu’un jardin. »


Pour découvrir le jardin l’Univert, une visite virtuelle a été conçue exprès pour l’occasion :



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