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Le Shakirail : un tiers-lieu ouvert sur son territoire

Publié le 18 juillet 2022

Depuis son ouverture en 2011, le Shakirail propose des espaces de travail à bas coût pour les artistes et artisan.e.s, une programmation culturelle et des animations de quartier. Labellisé Fabrique de territoire en 2021, ce tiers-lieu culturel et solidaire a commencé les travaux qui donneront vie à une salle polyvalente pour les habitant.e.s et les partenaires associatifs du quartier.

À l’entrée du pont Riquet, celui-là même qui enjambe les rails de chemins de fer de la gare de l’Est, un large portail recouvert d’une fresque en noir et blanc cache un des lieux les plus dynamiques du XVIIIème arrondissement : le Shakirail. Géré par le collectif Curry Vavart, ce tiers-lieu est installé depuis 2011 dans un ancien vestiaire de cheminots et centre de formation ferroviaire transformés en espaces de travail à bas prix pour des artistes et artisan.e.s. “Aujourd’hui, les jeunes artistes n’ont plus les moyens de créer à Paris car c’est beaucoup trop cher ou il n’y a pas d’espace, constate Déborah Herco, membre fondatrice du collectif. Donc ils font comme tous les pauvres de cette ville : ils s’éloignent. C’est pour ça que depuis le départ on tient à rester dans Paris.

“On a surfé sur l’ère du conventionnement”
Avant de s’installer dans d’anciens locaux de la SNCF, Curry Vavart a vu le jour entre 2003 et 2004 dans un squat du XIIème arrondissement, le Théâtre de verre. Puis en 2007, le collectif s’implante quelques mois dans d’anciens locaux désaffectés des Editions Albin Michel à Montrouge, avant d’ouvrir un squat, Le Boeuf3, début 2008 dans le XXème. “ À ce moment-là, des membres du collectif remportent des prix, notamment celui de jeunes talents de la ville de Paris, donc on commence à se faire identifier comme association, à tisser des liens avec les politiques et les gens du quartier, rembobine Déborah. En fait, on a surfé sur l’ère du conventionnement, les pouvoirs publics et les propriétaires ayant compris que pour le gardiennage il valait mieux que les locaux soient occupés, chose que des capitales comme Berlin et Amsterdam faisaient déjà depuis longtemps.

Le collectif ne restera pas dans le XXème arrondissement, déménageant en février 2010 dans le XIème pour ouvrir le squat le Gros Belec. Si ce dernier accueille alors plus de 200 artistes, et que le collectif se développe de plus en plus au point de compter 4 300 adhérent.e.s, le Gros Belec ferme ses portes au bout de sept petits mois. Mais en 2011, les membres du collectif Curry Vavart ont vent d’un lieu désaffecté dans le XVIIIème. C’est là que naît le Shakirail, qui fait rapidement l’objet d’une convention d’occupation temporaire renouvelable annuellement.

Fabrique ton tiers-lieu
Onze ans plus tard, les lieux - deux bâtiments de 800m2 et 600m2 - ont évolué puisqu’on y trouve désormais des ateliers (mosaïque, céramique, bijouterie-joaillerie, moulage, textile, bois, presse, labo photo), mais aussi une salle de répétition, un atelier vélo, une bibliothèque contenant près de 10 000 livres, des bureaux associatifs, un jardin partagé, un verger et même des ruches. Autant d’espaces créatifs et collectifs qui ne sont pas fermés et individuels car “ la seule mise à disposition permet de créer du lien social ”, constate Mathilde Rousselle, qui nous fait la visite des lieux. Surtout, ces espaces profitent à des artistes et des artisan.e.s qui peuvent venir en résidence, mais aussi aux habitant.e.s du quartier. En effet, le lieu est ouvert sur le quartier depuis le départ. La preuve, le Shakirail - géré de façon horizontale, collective et citoyenne - accueille chaque année 500 projets portés par 2500 usager.ères et 7000 visiteur.se.s. Mais les membres du collectif s’exportent également hors des murs du Shakirail en animant des ateliers dans le XVIIIème arrondissement. C’est d’ailleurs grâce au projet “Fabrique ton/ta...”, qui invite habitant.e.s et passant.e.s à fabriquer un objet du quotidien avec de la récup, que le premier poste a été créé au Shakirail, et “depuis, l’atelier se reproduit chaque année auprès de bailleurs sociaux dans les quartiers classés QPV du XVIIIème” rajoute Deborah.

D’un point de vue administratif, le collectif s’est également développé et étoffé au point de disposer aujourd’hui de 5 emplois temps plein (dont deux postes de chargé d’actions culturelles) et 4 services civiques. Logique puisque le collectif ne gère pas que le Shakirail, mais aussi le Théâtre à durée indéterminée et la villa Belleville, tous deux situés dans le XXème arrondissement. Surtout, dix ans après son ouverture, le Shakirail a reçu le label Fabrique de Territoire par le Ministère de la cohésion des territoires et ce, pour une durée de trois ans minimum. Cette labellisation identifie le Shakirail comme lieu-ressource et structurant favorisant le rayonnement et l’émergence de nouveaux tiers-lieux sur son territoire d’implantation. En clair, “ ce label a aidé le collectif à se projeter et montrer qu’il y a plusieurs structures publiques qui croient à ce projet ”, constate Mathilde Rousselle, coordinatrice du label Fabrique de Territoire depuis mars 2022. Ce label a aussi été “ beaucoup de questions et nous a poussé dans nos retranchements ” avoue Audrey Filiot, membre fondatrice du Curry Vavart et coordinatrice de l’atelier des bijoutiers du Shakirail, “ mais ça nous a permis de questionner notre qualité d’accueil des résidents et des habitants ”. La preuve, un des projets phares de cette labellisation, la création d’une salle polyvalente dédiée aux habitant.e.s et partenaires, est déjà lancé puisque les travaux au Shakirail ont commencé en juillet.

Propos recueillis par Maxime Renaudet.




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