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Footez comme vous êtes

Publié le 17 mai 2022

Le 6 mars 2022, l’association Esprit d’Ébène organisait “Footez comme vous êtes”. Un événement qui traitait de la place des minorités dans l’univers sportif, à commencer par celui du football. Plusieurs activités ont été mises en place lors de cette journée, dont un tournoi de foot féminin sous la promenade Barbès et deux tables rondes à FGO-Barbara.

Ce jour-là, trois bénévoles de Goutte d’Or et Vous étaient présent·e·s pour couvrir cet événement. Delphine Maillac et Eric Citharel se sont concentrés sur le tournoi de football auquel participaient les Dégommeuses (issues de la communauté LGBTQ+), les Hijabeuses et d’autres clubs de la région, dont les Enfants de la Goutte D’Or. Ils en ont profité pour s’entretenir avec l’un des organisateurs, Habibou Yaffa, et différentes joueuses ayant foulé l’éphémère terrain de foot situé sous le métro Barbès.

En parallèle, deux débats étaient animés au centre culturel FGO-Barbara par Sylvie Haggaï de la compagnie Gaby Sourire. Le premier d’entre eux accueillait la championne de Slam du Burundi Kerry-Gladys Ntirampeba, Stéphane Trois Carrés, professeur à l’université des arts et de design du Havre, Aya Cissoko, triple championne du monde de boxe et autrice, Sylvia Varagne, en charge des relations publiques au Palais de Tokyo, Tessa Volkine, vice-présidente de l’association AAFA (actrices et acteurs de France associés) et Marie-Laure Casier, adjointe à l’égalité hommes femmes dans le 18ème arrondissement.

Après que Kerry-Gladys a interprété un slam poignant sur la condition de la femme dans le monde, les autres participantes ont chacune exposé les problèmatiques faisant obstacles à l’évolution des femmes dans le monde de la culture française. Alors que 60% de femmes poursuivent leurs études dans la culture, elles ne sont représentées qu’à 43% dans le monde du travail. Uniquement 12% des femmes dirigent des institutions culturelles et elles sont moins actives dans le secteur de l’art et de la culture, représentées à 31%, pour 69% d’hommes alors que ceux-ci n’ont pas suivi de formation adéquates ou aussi approfondies.

Ces chiffres, nombreux·ses sont ceux et celles qui en ont déjà eu vent. Le débat prend une nouvelle tournure concernant la méthode choisie pour mener à bien le combat féministe. Toutes ces données servent-elles efficacement la cause ? Pour Aya Cissoko, habituée des tables rondes traitant de ce sujet, il est temps de trouver une autre approche que de ressasser les mêmes constats. Il est vain de démontrer qu’effectivement la société est machiste, “La question est : comment faire pour s’organiser pour que les lignes bougent ?”, selon la championne de boxe.

Les chiffres font-ils réellement avancer le combat des femmes ? Les nombreuses interventions d’Aya Cissoko exposent un premier obstacle auquel se heurte le féminisme, celui de discuter des chiffres et des inégalités sans pour autant chercher des solutions concrètes. D’après Kerry-Gladys Ntirampeba “Aujourd’hui nous [les femmes] voulons le droit à l’action. On a assez parlé, on veut agir.” Tous ses débats seraient-ils inféconds ? C’est un point de vue qui se défend car les chiffres permettent d’appuyer les propos et d’informer tout le monde. Comme l’exprime Marie-Laure Casier, chargée de l’égalité femme homme et des discriminations dans toute l’action publique du 18ème arrondissement, “Les approches théoriques et les témoignages des intervenantes se complètent.” Ce que désirent les femmes et les minorités, ce sont plus de représentations dans les médias, par exemple et que ces “modèles”, ces exceptions deviennent la norme. Pour la championne de boxe, il faudrait trouver de nouveaux moyens, “créer une armée, rassembler les gens pour lutter. [...] L’intérêt est de dire que des profils comme le mien sont nombreux, ils existent, ils sont efficaces et ils agissent.

La question du féminisme a aussi été beaucoup débattue car elle n’a pas la même définition et le même sens pour tout(e)s. Durant cette conférence qui traitait de la culture, l’angle abordé a été qualifié de “vision bourgeoise du combat féministe” car il y a d’autres situations sexistes, issues de la vie quotidienne de quartier qui mériteraient d’être abordées. Kerry-Gladys Ntirampeba intervient en affirmant ne pas se sentir représentée dans ce débat, elle qui vient d’un autre pays et d’une autre culture, où les femmes comédiennes sont considérée comme des prostituées et où une femme n’est pas une femme dès lors qu’elle n’est pas mariée. Une chose est sûre c’est que ce mouvement est divisé. Afin d’éradiquer toute forme de discrimination et de faire changer les mentalités, le féminisme doit parler à toutes et il ne doit pas se focaliser sur un seul domaine. Ce mouvement peut avancer grâce à la solidarité et à l’action.

Enfin, une autre réalité s’impose à cette lutte, il s’agit du manque de moyen et d’aide de la part de l’État. Est ce qu’un combat social peut se passer de cela et s’écrire des seules mains des combattant·e·s ?

Par Mélissa Bou.



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