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Fin de Parcours linguistique, nouvelle ère

Publié le 14 janvier 2014

Pendant trois mois, une dizaine de femmes éloignées de l’emploi ont suivi le Parcours linguistique organisé par l’Espace Proximité Emploi de la Goutte d’Or. Pour leur dernière séance, elles dressent un bilan positif de la formation.

Monia dit tout haut ce que les autres pensent tout bas : « On veut bien continuer, on n’arrête jamais ! » Ses camarades acquiescent avec le sourire. Trois mois de formation à raison de quatre rencontres par semaine, c’était visiblement trop peu. Malgré tout, les femmes qui ont participé aux projets doivent penser à l’après. Formatrice du parcours, Sophie les rassure : « le but c’est d’être plus autonome mais je vous l’ai déjà dit, je ne vais pas vous laisser comme ça sans rien, pour moi ça n’aurait servi à rien ! On va continuer à se voir en individuel. »

Décalage

Marie-Josée est actuellement agent d’entretien, mais elle envisage maintenant de devenir gardienne d’immeuble. « On a découvert ensemble que ça demandait un niveau bac », raconte Sophie.

Monia, arrivée en France en 2001, veut devenir assistante maternelle. Difficile de trouver sa place dans une profession déjà proche de la saturation sur le quartier. En attendant d’obtenir l’agrément, elle fait les sorties d’école le mercredi ou garde des enfants chez les gens. Pas facile de jongler entre sa propre famille et les gardes partagées, souvent très pesantes en terme de volume horaire.

Zeinab, arrivée d’Egypte en 2006, avait un projet similaire. Aujourd’hui, elle pense à la boulangerie et à la pâtisserie. Avec Sophie, elle va se diriger vers un CAP. « J’ai déjà aidé en magasin et j’aime bien préparer des gâteaux. » Quelques jours plus tard, à l’occasion du square de Noël, elle animera l’atelier de confection de biscuits avec des enfants. Zeinab a étudié l’arabe pendant quatre ans au Caire. Une compétence et un diplôme apparemment intraduisibles pour le système universitaire français. De son côté, Ouiza a été couturière pendant quinze ans en Algérie. Une expérience visiblement peu valorisée ici. Ouiza envisage grâce au Parcours de devenir « Auxiliaire parentale », au domicile des parents, ou agent de la restauration collective.

C’est ce qui frappe d’emblée quand on écoute ces femmes. Le décalage entre leurs vies « avant » et « après » l’arrivée en France.

Temps forts

Quand on leur demande ce qui les a le plus marqué durant ces trois mois de formation, les réponses fusent. Marie Josée savoure les enseignements que lui a apportés un psychologue le temps de deux séances. « Quand tu es triste, ça peut toucher tout le monde. On ne peut pas rester triste sinon on va reculer. J’ai pris confiance en moi-même. Avant j’étais collée à la télé, maintenant je sors, je vois des copines. C’est la confiance. » La petite assemblée est bien d’accord avec ce constat. Zeinab a même pris l’habitude de consigner ses soucis dans un carnet.

« Moi ce que j’ai préféré, c’est apprendre à remplir les formulaires », lance Ghizlaine. Là encore, le groupe acquiesce dans son ensemble. Fatiha se réjouit : « Maintenant, j’ai un CV ! » Une grande partie de la formation a consisté en une explication des diverses formalités qui entourent la vie professionnelle. Déchiffrer une fiche de paye, distinguer le brut du net... on imagine facilement la galère que peuvent représenter ces besognes administratives. Après trois mois, Sophie se réjouit ; « On a fait des progrès énormes ! »

A mesure que les mots fusent, la liste des temps forts de la formation s’allonge. Il y a la visite de la bibliothèque - « un vrai accueil ! » - sera également évoquée. Sophie précise qu’elles ont toutes une inscription et empruntent des méthodes d’apprentissage du français en autonomie. Même les cours d’informatique ont fait mouche : « on nous a ouvert le cerveau ! ». Là-aussi, elles vont toutes aujourd’hui s’inscrire à l’Espace Numérique pour y suivre des cours et poursuivre ce qui a été amorcé. Autre moment apprécié, un tour du quartier animé par un guide.

Et puis toujours cet objectif capital, partagé par toutes : améliorer son Français. La parole est à Marie-Josée : « C’est toi-même qui apprends. Il faut avoir la volonté d’apprendre. Les profs ne peuvent pas faire de miracles, ils peuvent faire de la remise à niveau et des exercices, nous corriger... Mais c’est ta volonté qui est importante. Moi je suis en France, je vais parler Français. »



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